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Le Guide du Girardin industriel · Comprendre

Qu'est-ce que le Girardin industriel ?

01Chapitre 1 · Comprendre4 min de lecture

Le Girardin industriel est un dispositif de défiscalisation qui permet à un contribuable domicilié fiscalement en France d'obtenir une réduction de son impôt sur le revenu en finançant du matériel productif exploité par une entreprise située en outre-mer. Encadré par l'article 199 undecies B du Code général des impôts, il présente une particularité rare : la réduction obtenue est supérieure à la somme engagée, mais cette somme n'est jamais récupérée. C'est un investissement à fonds perdu, dont l'unique contrepartie est fiscale.

Un dispositif de défiscalisation propre à l'outre-mer

Le Girardin industriel n'est pas une optimisation fiscale isolée : c'est un outil de politique publique. En orientant l'épargne des contribuables vers le financement d'équipements productifs, l'État soutient l'investissement, l'emploi et l'équipement des départements et collectivités d'outre-mer, dont le tissu économique reste plus fragile que celui de la métropole.

Le dispositif tire son nom de la loi Girardin du 21 juillet 2003 et il est codifié à l'article 199 undecies B du Code général des impôts. Il vise les investissements productifs des entreprises, à distinguer du logement social, qui relève d'un cadre séparé (article 199 undecies C). Cette distinction est développée dans la carte « Industriel, logement social, volet entreprise : ne pas confondre ».

Où investit le Girardin industriel

Des territoires d'outre-mer, des secteurs productifs

Territoires éligibles

GuadeloupeMartiniqueGuyaneLa RéunionMayotteAutres collectivités d'outre-mer

Secteurs productifs éligibles

Industrie
Bâtiment et travaux publics
Agriculture
Source : dispositif Girardin industriel, articles 199 undecies B et suivants du Code général des impôts.

Comment fonctionne une opération de Girardin industriel

Une opération met en relation trois acteurs, autour d'une société constituée spécifiquement pour l'investissement :

  • L'investisseur : le contribuable qui apporte les fonds et bénéficie de la réduction d'impôt.
  • La société de portage : une société en nom collectif (SNC) créée pour l'opération, qui acquiert le matériel productif neuf.
  • L'exploitant : l'entreprise ultramarine qui utilise ce matériel dans le cadre de son activité.

Le déroulé est simple dans son principe. La société de portage achète le matériel et le loue à l'exploitant pendant une durée minimale de cinq ans. Au terme de cette période, le matériel lui est cédé. En contrepartie de son apport, l'investisseur obtient, l'année qui suit l'investissement, une réduction de son impôt sur le revenu. Le rôle de la société de portage et de l'intermédiaire qui structure le montage est précisé dans l'onglet « La structure de l'opération ».

Comment se déroule une opération

Le flux des fonds et du matériel, puis le retour fiscal

Investisseur

Apporte les fonds de l'opération.

Société de portage (SNC)

Achète le matériel neuf et le loue.

Exploitant outre-mer

Utilise le matériel pendant 5 ans.

Réduction d'impôt, l'année suivante

L'avantage fiscal repart de l'opération vers l'investisseur.

Trait plein : flux aller (fonds puis matériel). Trait pointillé : retour de l'avantage fiscal.

L'investissement à fonds perdu : le principe à comprendre

C'est la caractéristique qui distingue le Girardin de tout placement financier, et le point central à intégrer avant toute décision : l'apport n'est pas destiné à être récupéré.

Dans un placement classique, on engage une somme pour la retrouver plus tard, éventuellement augmentée d'un gain. Ici, la logique est inverse. L'apport finance un matériel exploité puis cédé à l'entreprise en fin d'opération : l'investisseur ne récupère pas sa mise. L'intérêt ne provient donc pas d'une revente, mais uniquement de la réduction d'impôt, dont le montant dépasse l'apport engagé. C'est ce différentiel qui constitue le gain, et il se calcule au cas par cas selon le dossier.

Cette nature « à fonds perdu » emporte deux conséquences. D'une part, le dispositif ne convient qu'à un profil précis, traité dans la carte « À qui s'adresse le Girardin industriel ». D'autre part, l'avantage fiscal reste conditionné au respect des règles d'éligibilité pendant toute la durée d'exploitation : en cas de manquement, l'administration peut le remettre en cause. Ce risque de reprise, et les garanties qui l'encadrent, sont détaillés dans l'onglet « Les risques et les garanties ».

À retenir

Le Girardin industriel est un dispositif de réduction d'impôt sur le revenu, prévu par l'article 199 undecies B du CGI, en contrepartie du financement d'un investissement productif outre-mer. Vous financez, via une société dédiée, du matériel exploité cinq ans par une entreprise ultramarine, et vous obtenez l'année suivante une réduction d'impôt supérieure à votre apport. La contrepartie est double : l'apport est à fonds perdu, il n'est pas récupéré, et l'avantage est conditionné au respect des règles pendant toute la durée d'exploitation.

Sources et références(3)
  • Code général des impôts, article 199 undecies B
  • Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP-Impôts), réductions d'impôt au titre des investissements productifs outre-mer
  • Loi n° 2003-660 du 21 juillet 2003 de programme pour l'outre-mer (loi Girardin)

Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil personnalisé.

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